Samedi 15 octobre 2005 6 15 /10 /Oct /2005 00:00
Canton, la grande métropole du Sud de la Chine nous accueille à la fin de notre parcours dans la nouvelle, « nouvelle Chine ». Nous y sommes accueillis très agréablement à l’université des langues étrangères qui nous loge sur le campus, dans le « bâtiment des experts » où résident les profs étrangers. Le campus, bien entretenu, quoique toujours en travaux, bénéficie de la végétation sub-tropicale au Nord-Ouest de Canton.
 
 
Nous y connaissons une de mes (Jean-Paul) anciennes élèves, jeune professeur en stage à Pékin dans les années 70, devenue depuis doyen de la section de français et qui, courageusement, fait sa thèse en France à 50 ans. Comme à Pékin, la section de Français a triplé ses effectifs et nous y avons rencontré les étudiants attentifs et perspicaces, insatiables sur le sujet que j’avais choisi après le Forum de Nansha : « l’Europe aujourd’hui ». Et pourquoi la France a voté non ? Que fait l’Europe pour la diversité des langues et des cultures ? Que pensez-vous de l’affaire des quotas textiles ? Quelle est la position exacte de l’Europe à propos de l’embargo des ventes d’armes à la Chine ? etc. Le soir, on nous a invités à dire quelques mots à chacune des trois classes de débutants qui avaient tout juste commencé d’apprendre le français après trois semaines de préparation militaire. Le but était de les conforter dans leurs premiers pas en répondant à quelques questions mais aussi de valoriser les élèves de seconde année chargés de leur intégration et qui nous servaient d’interprètes : «  On  a choisi d’étudier le français car ceux-ci sont romantiques, est-ce vrai ?  Quels changements vous plaisent ou vous déplaisent depuis votre séjour d’il y a 25 ans ? Que pensez-vous de la démocratie en Chine ? etc… » 
 
 
 
Les étudiants étudient, le jour, bien sûr mais aussi après la tombée de la nuit (vers 18h 30) après le repas du soir, où, la douceur de la soirée aidant (23° après les 32° de la journée) nous les trouvons ânonnant leur anglais à la lueur des lampadaires, révisant leur cours dans les salles de classes, suivant des cours du soir pour des étudiants travailleurs….Le campus est au travail nuit et jour, et c’est peu de le dire !
 
 
 
Les installations sont également d’excellent niveau et la bibliothèque ferait pâlir d’envie les B.U. françaises, le fonds de français, par contre, était un peu maigre…
 
 
 
On y voit au passage l’utilisation encore fréquente dans le Sud de la Chine du bambou pour les échafaudages : résistant, pas cher, écolo ! (Si les voitures en Chine avaient pu suivre cette philosophie, les grandes villes n’en seraient pas à ce degré de pollution !).
Hors du campus, les étudiants peuvent fréquenter des cyber-cafés (au moins 250 ordinateurs dans une salle sombre, chaque machine louée 60 centimes d’euro de l’heure sans autres formalités qu’une caution de cinq euros. (Mais ils préfèrent se raccorder à Internet en commun à une ligne ADSL achetée à China Télécom et installée dans leur chambrée pour 8 euros chacun à l’année). En ce moment, les autorités ont décidé de mettre un tour de vis à ce média qu’elles ne contrôlent pas autant qu’elles voudraient.
Hormis dans leurs cantines, les étudiants peuvent, de temps à autre, s’adonner à la passion commune des Chinois et particulièrement des Cantonais fiers de leur cuisine savoureuse dans les restaurants avoisinant le campus : nous y avons dégusté huîtres chaudes, poulet cantonnais au gingembre, crevettes et légumes sautés… Quelle différence avec l’austérité d’il y a 25 ans où les Chinois étaient plus élancés qu’aujourd’hui !
 
 
 
Leur logement, comme à Pékin s’est aussi amélioré. Voici les nouveaux logements des garçons (ils seront à 4 par chambres au lieu de 6 ou 7 aujourd’hui),
 
 
Logements assez éloignés des chambres des étudiantes…
 
Cet éloignement n’implique plus une austérité de mœurs hors de question aujourd’hui (on trouve même des sex-shop en ville). Les professeurs ont aussi des logements plus spacieux en immeubles collectifs, mais ils doivent maintenant acheter leur logement dans ces ensembles.
 
 
Certains peuvent aussi acheter, beaucoup plus cher, les anciennes villas des professeurs plus âgés lorsqu’ils deviennent vacants.
 
 
 
Près de notre studio, un groupe scolaire du campus : du jardin d’enfant au lycée, où la gymnastique collective en musique rythmée par un « un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit) rappelle «  le bon vieux temps » ! Après l’exercice, retour en classe en marchant au pas sous la direction, ce jour là, du plus petit des élèves….rires goguenards alors que la prof gronde pour maintenir la discipline !
 
 
 
 
A part les quartiers neufs, aussi peu attirants qu’ailleurs avec leurs autoroutes urbaines encombrées, Canton c’est aussi des résidences illustres, le mausolée de Sun Yat Sen, le fondateur de la république de 1911, des temples, une ancienne école du clan Chen, aujourd’hui musée des arts et traditions populaires, au style baroque.
 
 
Un autre jardin contemporain, très soigné, inclus dans le grand « parc des nuages blancs » ; des hauteurs, on contemple la ville….Aux abords, un groupe de visiteurs se détend après la visite : pique-nique et parties de cartes !
 
 
 
 
 
 
Au Temple des six banians, c’est le Bouddha qu’on vénère. Une superbe pagode domine la ville. Un bonze vous réservera une place auprès de vos ancêtres en effigie (contre une petite somme pour les œuvres…).
 
 
 
 
 
L’église catholique de l’île de Shameen est nettement moins fréquentée : une seule paroissienne récitant son chapelet et une messe par jour très tôt le matin. L’église est dédiée à Lourdes et la petite Bernadette prie sagement dans sa grotte.
 
 
 
Cette île, à l’origine du développement commercial de Canton, garde un certain charme : agréable parc à banians auprès de bâtiments coloniaux bien entretenus auprès de la Rivière des perles.
 
 
A deux pas de là, le grand marché aux médicaments traditionnels, avec ses légendaires plantes médicinales, ginseng, cornes et tendons de cerfs, pattes de tigres (fausses bien entendu), grenouilles séchées….
 
 
 
La grande rue commerçante de Canton a gardé ses boutiques à étage, animation garantie …On y a acheté pour Charmille des masques dans la plus petite boutique multiservice du secteur : un m² avec logement accessible par l’échelle derrière le vendeur qui a son studio de 20 m² au dessus.
Et le dernier soir, croisière romantique sur la Rivière des perles….
 
 
 
 
Nous voici rentrés à Carrières avec,  la Chine toujours présente, notre ami Wang Bing Dong de passage à la maison pour quelques jours ! Il a tout arrangé pour notre séjour à Pékin avec notre ancienne interprète et amie Li Feng qui a mobilisé son réseau pour que nous puissions être accueillis dans les universités de Shanghaï et Canton.
 
 
A tous les deux, comme à tous nos autres amis anciens jeunes profs maintenant confirmés ou déjà en retraite comme nous, nous adressons nos plus sincères remerciements pour l’accueil exceptionnel, les attentions, les aides de toutes sortes qu’ils nous ont prodigués.
En voici quelques uns lors d’une visite aux Collines parfumées il y a 25 ans !
 
 
 
 
Nous avons étés marqués par cette période de notre vie où nous avons pu travailler à faire connaître notre culture à des étudiants avides de connaître la France, avec nos enfants câlinés avec tendresse par leurs « Ayi et shoushou ».
 
 
Nos anciens collègues vivent maintenant dans un pays qui bouge à grande vitesse, ils y ont une nouvelle position, plus enviable à bien des égards, d’autres préoccupations et soucis, mais ils sont restés toujours aussi cultivés, enjoués, prévenants, et ç’est comme ça qu’on les aime !
 
S’ils viennent à Paris nous essaierons d’être  aussi accueillants !
 
Au revoir à tous ceux qui nous ont suivis sur le blog et, comme je l'ai écris, faute de meilleure inspiration, au calligraphe de Shanghaï qui voulait célébrer l'entente internationale :
 
« Vive l’amitié Franco-Chinoise » !
 
中法友谊万岁!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Par Marie Paule et Jean Paul Delattre - Publié dans : delattrechine
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Lundi 10 octobre 2005 1 10 /10 /Oct /2005 00:00
Le forum s'est terminé hier soir (7octobre) et je voudrais apporter mon témoignage personnel (M. Paule) "d'observatrice" sur ce colloque assez singulier sur la Chine et l'Europe au 21 siècle. Tout est particulier, presque étrange.
 
D'abord le site, un immense ensemble hôtelier ultra luxueux qui surgit au milieu de nulle part, dans une zone presque désertique à 2h de route de Canton. Hôtel mis à disposition des organisateurs par un milliardaire de Hong Kong qui est aussi membre de l’assemblée consultative de Chine (M. Fok Ting Yung).
 
M. Fok Ying Tung, mecene de ce forum
 
Or ce forum, qui réunit 250 participants  aux 4/5 chinois, n’a aucun caractère officiel.  Il est pourtant co-organisé avec plusieurs universités chinoises, les universitaires chinois, les plus nombreux dans le public, ayant pris sur leurs vacances (une semaine autour de la fête nationale) pour y prendre part.
 
L'ex ambassadeur de Chine en France, M. Wu jianmin, tres populaire en Chine et assez connu en France pour sa liberte de ton.
 
L’intérêt que suscite le thème de la construction de l’Europe est étonnant, l’ambiance très sérieuse. Les interventions  de Michel Rocard, de Wu Jianmin (ancien ambassadeur de Chine en France), de Jordi Pujol (ancien Président de Catalogne), de différents membres des institutions européennes (dont Bourlanges) sont presque considérés ici comme historiques !
 
 
M. Palmer (president d'un think tank sur l'Europe} et Milan Kucan, ex president de Slovenie en train de repondre aux cybernautes du "Quotidien du peuple"
 
Vue de Chine, l’Europe n’est plus une institution moribonde, en pleine crise identitaire après le Non référendaire mais un « modèle », unique en son genre, un organisme qui a permis de réconcilier, de façon magistrale ,des peuples ennemis et dont les Chinois souhaiteraient s’inspirer (sans copier bien sûr) pour leurs relations en Asie et plus particulièrement avec le Japon puisqu’il y a évidemment des similitudes.
Nous allons revenir de Chine plus européens que jamais grâce à nos amis asiatiques ! C’est le phénomène classique que l’on éprouve quand on quitte un certain temps la France et qu’ensuite on la retrouve mais c’est la première fois qu’on ressent la même chose à distance envers l’Europe !
L’échec au référendum n’est plus qu’un épisode malheureux d’une longue histoire qui a vu des crises plus graves, de l’avis même de Georges Berthoin, l’un des fondateurs de l’U.E., qui a témoigné pour ce forum. Alors que vive l’Europe !
 
 
Un autre intérêt de ce forum est dû au fait que les intervenants européens, grands spécialistes de l’U.E., ont une réelle volonté de transmettre au public chinois, la complexité de la réalité européenne sans soucis ici de campagne électorale, d’obédience à un parti ou de reconnaissance universitaire. A première vue, leur contribution  (d’ailleurs non rétribuée) semble désintéressée, presque militante…
La curiosité pour le choix que va adopter la Chine dans les années à venir, sur le plan international, est évidemment très grande…Michel Rocard A termine son discours en posant une question qui a beaucoup marque les Chinois. "Quel choix allez-vous faire, a l'avenir, le choix d'un capitalisme sauvage ou celui d'un capitalisme regule a l'europeenne? Votre choix pesera lourd dans le monde futur!"
 
L’impression de dynamisme et de future grande puissance mondiale est encore plus forte vue de Chine !
{M.Paule}
 
Je {J. Paul} termine cet article
Nous avons maintenant quitté Nansha et sommes à Canton pour encore 2 jours. Les liaisons sur Internet sont ici moins commodes (tres 'filtrees' au point d'etre parfois impossibles hors d'un cybercafe ...) et bientôt se terminera le voyage au Pays du milieu, dans une Chine toujours populaire mais plus tellement socialiste. Mais, que dis-je, regardez cette peinture contemporaine ; apres 20 ans, tous les ennemis acharnes de la lutte entre les deux lignes se sont reconcilies....
 
 
 
 
 
En regardant au loin, on voit presque la France !
Par Marie Paule et Jean Paul Delattre - Publié dans : delattrechine
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Mardi 4 octobre 2005 2 04 /10 /Oct /2005 00:00

Nous sommes maintenant à Nansha (Sables du sud) où nous participons à un forum "La Chine, l'Europe et le Monde au 21ème siècle" présentant divers aspects de l'Europe au public chinois (Universitaires, responsables socio-politiques, journalistes...). Voici la table officielle lors de la cérémonie d'ouverture :

Ce Ce forum se tient à l'initiative de l'Association des intellectuels chinois vivant en europe qui s'est associé  côté Chinois à l'université du peuple et l'institut de diplomatie et côté européen à la Fondation Charles Léopold Meyer avec qui je travaille bénévolement (Jean-Paul).

Nous sommes accueillis gratuitement par la fondation Fok Ting Yung dans un hotel 5 étoiles luiappartenant et qu'on voit ici de nuit :

Cet hôtel fait partie d'une zone de développement aux technologies nouvelles, activités de services, formation professionnelle, logements, golf, etc, pour lequel M. Fok, par sa fondation, a investi des millions de dollars dans une zone de sables déshérités à l'extrémité du delta de la Rivière des perles.

La fondation crée aussi des écoles dans les zones pauvres de la province de Canton et subventionne aussi des activités intellectuelles comme ce forum.

Parmi les personnalités qui s'expriment figurent Michel Rocard, Jordi Pujol et d'autres acteurs du développement de l'Europe et des universitaires pouvant donner de l'information très pertinente sur les divers aspects du développement de l'Erope.

Pour plus de détails voir : http://forumchineurope.over-blog.com

Michel Rocard que l'on voit ici auprès de l'ancien ambassadeur de Chine en France Wu Jian Min et du président de la Fondation Charles Léopold Meyer, Pierre Calame introduisait ainsi son propos d'ouverture : "Le fait que l'Asie, et dans l'Asie tout particulèrement la Chine soit en train de reprendre dans l'activité économique et commerciale mondiale une place correspondant à son importance démographique est à soi seul une immense révolution."

Marie Paule me donne un coup de main en dictant par exemple les textes des interventions de Rocard que nous saisissons pour que les interprètes puissent plus facilement traduire en Chinois ses propos.

Comme les autres participants nous sommes logés fort décemment (on n'ose pas dire plus tellement nous sommes peu habitués à ce nombre d'étoiles...)

Au loin la Rivière des Perles, une pagode sur la crète et la flore tropicale de la région de Canton.

Cet après-midi M. Rocard fera une intervention intitulée : La gouvernance mondiale peut-elle trouver dans l'Union Européenne une source d'inspiration ?

Nous en profiterons pour réviser sérieusement nos connaissances en économie politique, géostratégie et histoire ! 

Par Marie Paule et Jean Paul Delattre - Publié dans : delattrechine
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Samedi 1 octobre 2005 6 01 /10 /Oct /2005 00:00
Hier, nous avons fait une excursion touristique : le village lacustre de Zhouzhuang, à 50 km à  l'ouest de Shanghaï. Pas d’auto, donc, des bateaux, des ponts de pierre, des ruelles entre les canaux.
 
 
 
 
Il y a bien sûr beaucoup de boutiques….et de boutiquiers dont le vocabulaire tient en deux mots, ressassés à longueur de temps : Hallo ! LookeuLoukeuloukeu ! Règle N°1, ne pas regarder dans les yeux le vendeur (c’est déjà une amorce de transaction) règle n°2 ne s’intéresser de plus près aux objets qu’avec l’intention d’entamer une vraie négociation, règle N° 3, ne rien acheter car les valises sont déjà en excédent de poids !
 
Il faisait beau, nous avions pris une excursion avec guide et c’était très sympa. Seul hic, pour la première fois depuis 25 ans, nous avons eu l’aide de nos compagnons de route pour que les plats pris par les autres membres du groupe (tous chinois) ne nous soient pas facturés 50% plus cher du fait de leur inscription au menu en anglais !
 
 
Aujourd’hui, c’est la fête nationale, le 1er Octobre. Il y a bien quelques drapeaux rouges par ci par là, mais, à première vue, tout le monde semble travailler comme tous les jours, que ça soit au marteau-piqueur ou dans les magasins. Mais une grosse différence, Ô miracle : plus d’embouteillages !. Et dans le parc Lu Xun, à côté de l’université, c’est vraiment jour de fête populaire au sens le plus sympathique du terme.
 
On se fait plaisir avec des petites troupes amateurs de musique et danses, de chant accompagné avec orchestre traditionnel…et bien sûr les chorales d’anciens qui suivent le guide (les notes, en Chine, sont chiffrées), entonnent avec ardeur les chansons de toujours. On peut aussi apprendre la danse de salon avec un professeur qui guide une trentaine de couples avec ampli et micro (bien fort car à deux pas, un autre ampli tente de vous ravir les danseurs !).
 
 
 
 
 
C’est aussi l’occasion de faire un brin de calligraphie, sous le regard d’un maître.
 
 
 
Quand celui-ci a décidé que la France, justement, était la meilleure amie de la Chine (ses voisins disant autant de bien du vin français), il faut bien s’exécuter, et cela finit par des poèmes, calligraphiés sur le vif, un dessin à l’encre de chine, où la ressemblance avec celui qui vous parle est improbable, de grandes protestations d’amitié et le cadeau d’un éventail décoré et signé de l’artiste (on lui a quand même acheté une calligraphie).
 
 
 
Le jour de la fête nationale, les enfants, endimanchés, sont très présents dans les parcs et toujours aussi craquants…
 
 
 
 
 
 
En ville, contrairement à la campagne, la politique de l’enfant unique  n’a guère posé de problèmes et même , une tendance nouvelle serait de ne pas vouloir d’enfants quand les deux parents sont très impliqués dans leur travail. L’effet de la réduction de la natalité est tel , dans les villes, qu’on doit fermer des lycées et mettre des profs en préretraite ! A la campagne, aucun souci, les enfants prolifèrent…
 
 
Les anciens quartiers populaires de Shangai, les « lilongs » diffèrent des « hutongs » pékinois par leur architecture à 2 étages avec leurs maisons accolées comme dans nos fameux anciens corons du Nord de la France. Il est difficile de rentrer dans un lilong sans se faire remarquer tant, là aussi, la population vit dans la ruelle.
 
 
 
 
L’un de ces quartiers est spécialisé dans la vente de pierres : lisses ou tarabiscotées, claires ou noires, évoquant des paysages, des rochers ou des montagnes,…Les Chinois sont fascinés par la pierre et les commerces s’alignent ainsi sur de longues rues…
 
 
Les petits chiens sont une nouvelle passion. Vous imaginez aisément les problèmes futurs !
 
 
Pour atteindre le jardin célèbre Yuyuan, il faut, en ce jour de fête, ne pas être agoraphobe et en plus, ne pas craindre la chaleur (environ 35°C).
 
 
Mais l’attrait pour le jardin est le plus fort. C’est un peu chargé d’après notre goût occidental. C’est une autre conception philosophique du jardin, évoquant( comme pour les pierres) des paysages de montagnes et d’eau en laissant libre cours à l’imagination.
 
 
Par Marie Paule et Jean Paul Delattre - Publié dans : delattrechine
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Jeudi 29 septembre 2005 4 29 /09 /Sep /2005 00:00
Le temple de la Terrasse aux 5 pagodes, situé près de notre université, réunit une grande collection de stèles funéraires et c’est avec beaucoup d’int érêt que nous avons reconnu les pierres tombales de compatriotes jésuites. Ils sont venus dès le 16ème en mission religieuse mais aussi avec une volonté d’assimilation et d’échange culturels surtout dans le domaine scientifique.
 
 
 
 
Encore aujourd’hui leur présence en Chine est perçue plutôt positivement.
 
 
Grande escapade au Nord de Pékin pour aller prendre l’air à la Grande Muraille. C’est une section nouvellement ouverte et beaucoup moins touristifiée que BADALING que nous connaissions déjà. Le site est grandiose, la grimpette assez raide et il est possible d’y rejoindre un autre accès au moyen de 4 heures de marche sur les crêtes fortifiées.
 
 
 
Au retour, sur les routes de campagne, retrouvailles avec le maïs séchant sur la chaussée, comme il y a 25 ans ! Heureusement, les pains de maïs immangeables, sont relégués au musée des souvenirs.  
 
 
Cette dernière sortie clôt notre séjour à Pékin. L’adieu à nos amis chinois nous donne vraiment l’impression que nous n’avons jamais quitté la Chine. Voici nos collègues quand ils étaient "jeunes profs"
 
Nous y avons aussi des souvenirs familiaux heureux : nos enfants chouchoutés par leurs Aï (nounous) chinoises, leur effroi quelquefois devant tant d’intérêt pour leurs têtes blondes…
 
 
 
 
Bonjour Shanghaï, ville chinoise la plus occidentalisée et qui rivalise avec Hong Kong, autre « perle de l’Asie ». Les grattes ciels d’avant-guerre font encore bonne figure (ici au second plan) mais semblent tout petits à côté des nouveaux. L’ensemble ne manque pas d’allure.
 
 
 
Depuis le centre ville, le Parc du peuple, redessiné agréablement par des Canadiens on prend l’archi-célèbre, archi-commerciale rue de Nankin.
 
 
Qui ne sait pas ce qu’est une rue fréquentée doit s’y rendre ! Piétonne, elle conduit au fleuve Huangpou, et là, c’est le choc.
 
 
Le quai, surélevé, donne accès à une belle esplanade qui longe le fleuve, rive droite, laissant en contrebas le Bund, façade coloniale de la ville, avec ses vieux hôtels à l’anglaise, sa douane…
 
 
En face, le fleuve, bien large et animé (j’y ai vu en 1972 une jonque tirant des bords pour le remonter lentement !). Et de l’autre côté, sur la plaine alluviale, il y a peu cultivée, s’impose le quartier de Pudong, flamboyant exercice de style de l’architecture moderne assez judicieusement retiré de la rive pour qu’il n’écrase pas la ville du regard.
 
Le panorama, il faut bien l’admettre, est majestueux.
 
La visite du musée de Shanghaï, ne serait-ce que pour ses bronzes antiques est un régal. La statuaire bouddhique, la céramique et ses céladons inimités, l’architecture même du musée en font un passage obligé auquel il faut consacrer tout le temps qu’on peut.
 
 
 
 
 
A l’université, Jean-Paul a raconté la campagne du référendum sur la constitution aux étudiantes de 3ème année de Français (les garçons font plutôt de l’anglais et des études commerciales).
 

La conférence a eu lieu sur le nouveau campus installé à 50 km de la ville (2 heures de route avec les embouteillages :vu la distance, les profs venant de la ville n’ont qu’une hâte, c’est d’en repartir, et les étudiants se sentent abandonnés…).
 
Mais là encore, quel choc ! Ce nouveau campus, pour la seule université des langues étrangères est pharaonique ! Ultra équipé en toutes choses, ses bâtiments de style néoclassique avec une touche évoquant, dans l’architecture, le pays dont la langue est étudiée, sont disposés dans un parc gigantesque. Ici, la seule bibliothèque....
 
 L’anglais a droit à de la brique rouge et se réserve la part du lion. Le Russe est maintenant petitement logé avec une coupole dorée façon Kremlin miniature (on n’est plus dans les années 50 où l’expert Russe était le « grand frère »). Le Français a son étage dans le grand bâtiment des autres langues occidentales…
 
La ville a donné le terrain à l’université qui a contracté un emprunt sur 50 ans pour édifier cet ensemble. C’est inouï, mais un peu loin de tout.

 

Par Marie Paule et Jean Paul Delattre - Publié dans : delattrechine
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